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Général

Quelles sont les réformes de la fonction publique hospitalière annoncées en novembre 2019 ?

Un plan de réformes concernant les hôpitaux a été annoncé mercredi 20 novembre, par Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Ce plan concerne de nombreux problèmes décriés au sein des hôpitaux, et fait suite aux nombreuses revendications du personnel de santé. Après de longs mois de grèves et quelques manifestations, le personnel hospitalier déplore que ce “plan d’urgence” puisse être inefficace.



🏥 Les problèmes dénoncés

Les problèmes au sein de la fonction publique hospitalière deviennent de plus en plus importants et un malaise se fait de plus en plus ressentir selon les travailleurs. Ces derniers déplorent un manque de moyens et une rigueur budgétaire considérable. L’endettement des hôpitaux est de 30 milliards d’euros, et le déficit s’élève lui à 1,5 milliards d’euros, des chiffres historiques. Cela engendre un manque d’investissement, et le délabrement de certains hôpitaux qui manquent d’outils, de matériel, de lits... Des initiatives émergent pour tirer la sonnette d’alarme, à l’instar de Samu-Urgences de France qui a mis en place le No Bed Challenge, pour alerter sur le manque de lits aux urgences et dénoncer le sort des patients qui dorment dans les couloirs, sur des brancards, faute de lits disponibles.


Ce “challenge” soulève aussi un autre problème : celui du manque de personnel. En effet, les hôpitaux sont constamment en sous-effectif, et le trop plein de patients empêche de soigner correctement, ce qui ajoute un sentiment de culpabilité au stress ressenti chez la plupart des soignants. Le personnel se plaint de cadences infernales et intenables, d’une pression trop importante, et d’une fatigue intense qui ne cesse de s’accroître. Beaucoup estiment avoir de mauvaises conditions de travail, cause de nombreuses démissions, de burn-out, voire même d’absentéisme.


La tension dans les hôpitaux est palpable également chez les patients, et le personnel est parfois victime d’agressions, ce qui ne fait qu’aggraver le mal-être qui régnait déjà.


Enfin, le salaire reste également une importante crispation chez les soignants et notamment les infirmiers, dont le salaire moyen s'élève à 1820 euros net. Les salaires sont bas et ne reflètent pas la charge de travail du personnel de santé.



🏥 Les revendications des soignants

Pour résoudre ces problèmes, des revendications ont été faites de la part du personnel hospitalier. Des grèves avaient déjà été mises en place huit mois durant au sein des hôpitaux mais peu de personnes dans la rue. Des manifestations ont été faites, comme celle du 14 novembre à Paris pour mettre l’accent sur la crise sanitaire aux urgences. Une autre manifestation a eu lieu le 30 novembre en réponse au plan d’urgence d’Édouard Philippe.


Le personnel hospitalier demande notamment une hausse des effectifs et des moyens, pour pallier les mauvaises conditions de travail qui vampirisent leur énergie et leur bonne volonté. Les chiffres clés de l'offre de soins sont nombreux et peuvent être consultés ici.


Au niveau des salaires, une augmentation immédiate de 300 euros nets mensuels est demandée, afin de pallier les difficultés liées aux salaires jugés trop bas. Selon une étude de l’INSEE, le salaire des personnels hospitaliers a connu une hausse de l’ordre de 0,3% contre 1% pour celle des autres fonctionnaires (fonction publique territoriale, fonction publique d’État). Pour connaître plus en détails les salaires des médecins et des infirmières, n'hésitez pas à consulter nos articles sur le sujet.


Un départ à la retraite anticipé est également demandé par certains, du fait de la difficulté de leur travail quotidien. La charge de travail est trop élevée et ce métier peut alors être considéré comme étant un métier “pénible”. L’âge du départ à la retraite est aujourd’hui de 57 ans pour la catégorie active, et de 62 ans pour la catégorie sédentaire.



🏥 Les réformes du plan d’urgence

Face à ces revendications, le gouvernement a proposé un certain nombre de mesures que nous vous décryptons ci-dessous.


Au niveau financier :

  • Les tarifs hospitaliers vont connaître chaque année une augmentation de 0,2%. Cette augmentation est positive mais reste inférieure à l’inflation avec 1,2% sur l’an passé. Il s’agit d’un effort à prendre en compte, mais cela maintient l’hôpital dans une situation compliquée qui déplore plus de dépenses que de recettes.
  • En début d’année, 400 millions d’euros de crédits vont être dégelés, et 150 millions d’euros pour “soutien dans l’investissement courant”. Cela va permettre d’améliorer les conditions de soins actuelles, les conditions de travail, les conditions de vie des patients et des soignants au quotidien. Élément important pour favoriser le bien-être au travail.
  • Une reprise partielle des dettes aura lieu, un tiers des dettes sera repris (soit 10 des 30 milliards). Cela permettra de dégager 800 millions de financement par an pour les hôpitaux qui pourront retrouver un équilibre financier et ouvrir des possibilités de nouveaux investissements.

Sur les primes et indemnités :

  • Des primes sur les bas salaires seront mises en place suite à la revendication d’une augmentation de 300€. La revalorisation des salaires demandée par les infirmières est refusée, mais des primes spécifiques seront débloquées.
  • Une prime PECH (prime d’engagement à la carrière hospitalière) va être mise en place pour l’engagement des paramédicaux afin de valoriser leur travail. Cette prime était jusque là réservée aux médecins. Elle sera comprise entre 10 000 à 15 000€ selon le profil et engage le professionnel à passer le concours de la fonction publique afin de devenir titulaire, notamment pour les infirmiers et manipulateurs radio.
  • La prime PECH sera également revalorisée de 50% pour les médecins : elle passera de 10 000 et 20 000€ à 15 000 et 30 000€.
  • La prime PET (Prime d’exercice territoriale) va augmenter. Elle dépendait du temps de travail, et s'élevait de 250 à 1 000€ bruts mensuels.
  • Les quatre premiers échelons du statut de praticien hospitalier vont être fusionnés, et l’accès à l’indemnité de service public exclusif va être plus rapide. Pour un praticien hospitalier à temps plein, cette indemnité est de 490€ par mois.
  • Pour récompenser la qualité des soins et la prise en charge par service, les hôpitaux pourront bénéficier d’une prime de 300€ par an et par soignant des équipes reconnues.. Cela permettra de mettre en valeur les services créatifs, et pourra concerner environ 600 000 personnes.
  • Le coût de la vie étant élevé à Paris et sa petite couronne, une prime annuelle de 800 euros nets sera mise en place. Cette prime concerne 40 000 infirmiers et aide-soignants qui gagnent moins de 1900€ par mois, et leur permettra de rester dans le secteur. En effet, faute de moyens, de nombreux soignants partent vivre loin de Paris ou de la région parisienne.

Les instances de gouvernance de l’hôpital :

  • Il est souhaité que des décisions conjointes soient dorénavant prises entre les directeurs et présidents de CME, afin d’avoir la meilleure décision possible pour tout le monde et d’inclure encore un peu plus l’équipe soignante dans la gestion de leur établissement. Auparavant, certaines décisions prises par le directeur étaient très politiques, et certaines décisions prises par les médecins de la CME étaient axées au niveau du personnel et du patient.


Ces mesures sont jugées insuffisantes pour le personnel médical qui se sent comme “oublié” de ce plan d’urgence présenté par Édouard Philippe et Agnès Buzyn.


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